Information complémentaire

Surveiller votre ado sur Internet

Vous avez du mal à rester présent dans la vie numérique de votre ado? C’est le cas de nombreux parents. Comment accomplir votre devoir de protéger votre ado tout en respectant son besoin d’intimité et d’indépendance? Voici quelques suggestions.

Souvent, les ados se méfient énormément de l’intérêt et des questions de leurs parents et n’hésitent pas à leur servir la réponse classique : « Ça ne vous regarde pas ». Tenez-vous-le pour dit, ça vous regarde! Même si votre ado se croit prêt à conquérir le monde, son cerveau n’a pas encore atteint sa pleine maturité, et il n’est pas encore capable de se débrouiller tout seul dans toutes les situations. Il a encore grand besoin de votre accompagnement.

Stratégies d’accompagnement

Voici quelques stratégies que vous pouvez intégrer dans la vie de tous les jours pour rester présent dans la vie numérique de votre ado et mieux le protéger, tout en respectant son besoin d’indépendance :

  1. Prévenez longtemps d’avance votre ado que vous exercerez un droit de regard sur la manière dont il utilise ses appareils. Ne manquez pas à votre parole et imposez des conséquences pour tout écart ou comportement inapproprié. Nous vous suggérons aussi d’imposer chaque soir un couvre-feu numérique avec désactivation du Wi-Fi et extinction de tous les appareils dans la maison.
  2. Ayez des conversations régulières avec votre ado au sujet des applis et des sites qu’il utilise. Renseignez-vous constamment sur les plates-formes numériques où les jeunes sont exposés à des risques et discutez-en souvent. Abonnez-vous aux Alertes Cyberaide.ca pour vous tenir au courant des nouveaux dangers qui guettent les préados et les ados. Passez en revue les applis et les sites qu’il utilise et examinez les fonctions de contrôle parental et les paramètres associés au clavardage, au contenu du profil et à la confidentialité.
  3. Rappelez constamment à votre ado qu’Internet est un lieu public. Expliquez à votre ado que lorsqu’il envoie une photo ou une vidéo, il perd tout contrôle sur ce qu’il en adviendra. Si votre ado est affecté par la diffusion d’une photo/vidéo auprès de ses pairs, il trouvera sur le site AidezMoiSVP.ca des conseils pratiques pour reprendre le contrôle de la situation.
  4. Expliquez les risques de la vidéo en direct. Il est facile d’enregistrer ce qui se passe durant une session de vidéo en direct; ne faites pas l’erreur de penser qu’il n’y a rien là parce que c’est du direct. S’exhiber en direct devant une caméra n’est pas moins risqué que d’envoyer des photos ou des vidéos de soi. Il est également possible de faire passer des images préenregistrées en flux continu. À moins d’avoir la certitude que l’autre personne est hors ligne, il n’y a aucun moyen de savoir vraiment à qui on a affaire. Mieux vaut être prudent.
  5. Parlez de l’importance de chercher de l’aide. Donnez à votre ado des exemples de situations inconfortables ou potentiellement dangereuses où il serait important qu’il vous prévienne, vous ou un autre adulte de confiance. Dites-lui que vous savez que ce n’est pas nécessairement facile, mais que sa sécurité vous importe plus que tout et que vous êtes là pour l’aider. Expliquez-lui ce qui pourrait arriver s’il ne va pas chercher de l’aide auprès d’un adulte de confiance et faites-lui bien comprendre qu’il ne sera jamais trop tard pour vous demander de l’aide, même s’il a commis une erreur.
  6. Soyez attentifs au comportement de votre ado. Tâchez d’être à l’affût de tout changement dans le comportement normal de votre ado ainsi que dans l’intensité de ses comportements. Parmi les signes qui peuvent indiquer un plus grand besoin d’accompagnement et de dialogue, mentionnons :
    • Votre ado vous paraît plus renfermé, triste, inquiet, sur la défensive, en colère ou cachottier.
    • Votre ado passe beaucoup plus ou beaucoup moins de temps sur Internet.
    • Votre ado ne respecte pas les limites que vous lui imposez quant à la fréquence et à la durée de ses visites sur Internet.
    • Votre ado se désintéresse d’activités qu’il a l’habitude d’aimer.
    • Votre ado se plaint de maux d’estomac ou de maux de tête.
    • Votre ado développe des troubles du sommeil. Par exemple, il a du mal à s’endormir le soir ou à bien dormir la nuit, ou encore, il passe son temps à dormir et évite toute interaction.

Que faire si le comportement de votre ado vous inquiète?

Si vous découvrez des écarts de conduite dans la vie numérique de votre ado, c’est qu’il a peut-être besoin de l’encadrement d’un adulte pour revenir dans le droit chemin. Les ados ont tendance à transgresser les limites, surtout s’ils croient agir à l’insu des adultes. Parfois, le seul fait de savoir qu’un adulte les surveille plus étroitement suffit à les ramener sur le droit chemin.

Voici quelques mesures à envisager :

  1. Augmentez votre présence dans la vie numérique de votre ado. Expliquez calmement vos inquiétudes à votre ado et apportez-lui tout le soutien affectif nécessaire. Persévérez malgré les réticences de votre ado. Un ado, ça teste les limites, et un parent, ça met des limites.
  2. Surveillez plus étroitement votre ado et ce qu’il fait sur Internet et avec son téléphone. Vérifiez ses comptes de médias sociaux et ses applis et sites de clavardage et de messagerie. Le simple fait de savoir que vous le surveillez pourrait suffire à changer le comportement de votre ado.
  3. Limitez le temps écran de votre ado. Si votre degré d’inquiétude par rapport au comportement de votre ado le justifie, vous pourriez le priver d’Internet pour quelque temps.
  4. Rapprochez-vous de votre ado. Trouvez des choses à faire ensemble. Même si votre ado se montre réticent, le message que vous lui envoyez en voulant passer du temps avec lui, c’est que vous vous souciez de lui, et c’est là un excellent facteur de protection.

Les conseils de sécurité et autres renseignements fournis dans le présent article n’ont d’autre but que d’informer le lecteur, non de le conseiller. Il revient au lecteur d’en évaluer le contenu en fonction de sa propre réalité, de l’âge et du degré de maturité de l’enfant à protéger et de tout autre élément pertinent.